L'endettement est la situation dans laquelle se trouve un ménage, quel qu'il soit, détenant au moins un crédit, quel qu'il soit.
Le crédit est à la fois un vecteur de développement économique
et un outil social
destiné à permettre au plus grand nombre d'acquérir
rapidement des biens
indispensables comme un logement ou une voiture, par exemple, que leurs
revenus
ne leur permettraient pas de payer au comptant, sauf à y parvenir
au moyen d'une épargne longue.
Le crédit leur permet donc d'évoluer
normalement au sein de
l'espace économique auquel ces consommateurs participent.
Il n'est pas davantage
contesté que le crédit soutient la croissance et permet
la création de richesses et
d'emplois.
L'endettement peut être normal lorsque
la charge de remboursement reste
compatible avec les revenus de l'emprunteur et lui laisse un « reste à vivre »
suffisant lui permettant de faire face à ses autres charges
courantes, notamment
de logement, et frais de vie qui, bien entendu, diffèrent selon
la composition du
foyer.
L'endettement devient malendettement lorsque cet équilibre est rompu, soit par l' accumulation de crédits, soit par une baisse de revenus. Lorsque les revenus ne permettent plus de couvrir à la fois les dépenses vitales ou nécessaires ainsi que les mensualités de crédit, c'est le surendettement. L'une des solutions pour corriger un malendettement, c'est-à-dire un endettement excessif, et prévenir le risque de surendettement, est le regroupement de crédits.
Contrairement a bien des idées reçues, il n'existe pas en France, à l'heure actuelle, de taux normatif d'endettement ayant une valeur légale, c'est-à-dire de ratios à partir desquels un emprunteur se trouverait en situation de malendettement ou de surendettement. Les établissements de crédit définissent eux-mêmes leurs règles et, généralement, s'accordent pour fixer leurs normes internes d'endettement autour du tiers des revenus de l'emprunteur. Les tribunaux, saisis de litiges entre emprunteurs et prêteurs nés d'une défaillance des premiers suite à une absence ou à mauvaise évaluation de leur solvabilité par les seconds, retiennent également peu ou prou cette valeur. En matière de rachat credit, le taux d'endettement après restructuration peut, en fonction du « reste à vivre » aller jusqu'à 50%.
On lit et on entend souvent dans les médias que l'endettement des ménages français s'est considérablement accru ces dernières années au point de devenir critique.
Selon le 20ème rapport annuel de l'Observatoire des crédits aux Ménages publié le 18 mars 2008, il ressort qu'en 2007, le taux de détention des crédits par les ménages s'est établi à 52%. Pour un encours total représentant 63,7% de leur revenu disponible. C'est un des niveaux les plus élevés constatés par l'Observatoire depuis 1989. A titre de comparaison, ils étaient de 52,8% à cette époque, de 50,4% à la fin de l'année 1999 et de 52,9% à la fin de l'année 2001.
Sur les 52% de ménages endettés : 18% ne détiennent que des crédits immobiliers, 21,4% que des crédits à la consommation et 11,8% les deux catégories de crédit. Les prêts de restructuration, qui ne font que se substituer à tout ou partie des crédits détenus par un ménage entrent, selon qu'il s'agit d'un rachat de crédit immobilier ou bien qu'il s'agit d'un regroupement de crédits consommation, dans la catégorie des crédits immobiliers ou des crédits à la consommation.
Plus que l'endettement lui-même, c'est l'évolution négative de leur appréciation de la conjoncture économique générale et de leur environnement professionnel qui est marquante en 2007 : en novembre, les ménages endettés étaient 40,5% à estimer que leur situation financière s'était dégradée au cours des six derniers mois contre 27,1% en novembre 2001.
En revanche, la dégradation ressentie de leur environnement économique et financier explique la détérioration de leur rapport au crédit. Cette dégradation n'est cependant pas générale puisque la plupart d'entre eux vivent mieux leur rapport à l'endettement aujourd'hui qu'il y a six ou même douze ans.
Néanmoins, alors qu'ils marquaient il y a un an une volonté affichée de désendettement, les ménages n'envisagent plus de réduire leur recours aux crédits à l'avenir.
Parmi les ménages endettés, voire malendettés, il y en aurait environ 5.000.000 qui seraient susceptibles de recourir au rachat de crédits.
Au niveau européen, le taux d'endettement des ménages français reste faible : 63% du revenu disponible contre 98% pour l'Allemagne 127% pour l'Espagne et 247% pour les Pays-Bas et anglo-saxons.
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